Sôma [2004]

Sôma
Lemniscate

C'est là que tout recommence. Etranges murs susurrent à nos oreilles. Elle est là attend l'éveil. Mais tout a commencé et tout recommence. On a caché quelques morceaux de tête. Dans sa boîte, bien intacts et mangeables. Je déteste rendre sur elle ; je fixe sa bouche. Bientôt, je sors ma langue. Nécrophores. Ils adorent, épier, regarder, examiner. Si rien n'a bougé. Ne te réveille pas ! Ceux qui marchent dans le noir. Te scrutent, te dévisagent, pénible songe. Informe image de leur sillage. Ils déambulent sans pied. Leurs jambes exsangues. Moi je les connais bien ! Ils te passent, se lassent, t'assujettissent. Tes nuits glissent, se suivent. Leurs sangs s'unissent. Sans saveur. Ton sauveur, effervescente absence. Vous n'existez pas ! Ils profèrent lentement, l'anatomie aqueuse se dessinera. Son ventre se décharge vers le bas. La folie s'écoulant sur ses genoux délicats. Quel sinistre corps, la veuve se pleure d'un organe perdu. Dehors. La réalité l'effleure : elle chute, se cogne. Maltraite ses yeux suintants, palpe ses lèvres encore chaudes. Liquide brûlant. Dormir. Aspire le suc des dieux, aime ça ! Tu n'existes pas. Ils te passent se lassent t'assujettissent. Tes nuits glissent, se suivent. Leurs sangs s'unissent. Sans saveur. Ton sauveur, effervescente absence. Vous n'existez pas ! Dis moi, pourquoi tes yeux s'inondent ? Pleure pas ! Tout ça n'existe pas ! Dis moi, pourquoi ces têtes immondes ? Pleure pas, ce soir ! Tout ça n'existe pas ! Etrange femme murmure à mon oreille. Elle est là, sur moi veille. Ca n'a pas de sens et tout recommence. Leurs danses lascives s'attardent sur toi, touche les, ils sont pour toi ! Lèche les grands, lèche dedans ! Aussi vrai que toi, ils sont si vivants. Pur sang d'enfant. Leurs bouches salivantes avalent les indices. D'une douce torture. Violente est l'ire ! Leurs membres tombent. Sur ta fleur à demi morte. Ne pleure pas ! Tu seras toujours la suivante ! Tu ne rêves pas!
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Dienstag, 26. Juli, 2005 um 17:08

Sôma [2004]

Sôma
Rutsah

Un crépitement fait vibrer les tempes. Il impérialise la perception. Seul, dans les pas de mon ombre sur le chemin je vais... ... La vie va et vient, cette masse en action haletante. Troupeau bestial qui vit son instant, profite du moment. Je la sens, la devine dans mon réveil obscur. Seul, mince, un rayon clair parcours la pièce. Il me dégoûte, les cloches sonnent. Je suis pourtant comme eux. Je vois ces treize nouvelles heures. A passer dans ma semence sordide. Leur songe sophistiqué incarcère lentement. Mon esprit calciné, divergent. Je me lève et m'habille, embrasse ma femme et ma fille. Ma peau diurne me sert un peu. Le trou quotidien s'ouvre. Sauvez-moi. Je me revois enchaîné à ma chaise. Ils allument les feux, les cloches continuent à sonner. J'entends chanter des litanies. Mes pieds sont réduits en cendres. Mes muscles craquent, ma moelle et mon sang sifflent. Ma chair se consume comme du cuir rétrécit. Deux bâtons desséchés et noircis. Les os de mes jambes pendent au dessus des flammes. Qui montent, bientôt lapent mes cheveux. Ma tête est une boule de métal en fusion. Mes yeux étincellent puis fondent dans leurs orbites. Si j'ouvre la bouche, je bois du feu. Si je la ferme le feu est à l'intérieur et pourtant. Les cloches sonnent toujours. Sauvez-moi ! Je me situe entre les dernières limites de la partie humaine. Et les frontières de la vie supérieure. Je ne connais pas les heures. Mon Lucifer latent bourdonne à l'ombre de mon ouie. La tête cornée, chantonne de sombres liturgies. Je ne fuis, je ne puis. Je ne suis pas fou ni loup. J'entends sa révolte luciférienne. Il règne. Il fait route vers le monde depuis que le monde est monde. Je m'exécute à sa voix, il me nomme le sens occulte de son émoi. A sa vue, je vomirais de peur tant son tronc est large et froid. Il supplante ma couche dérobant bible et crucifix. Vers minuit mon esprit se morcelle car je dois défier dieu. Je suis promis à la vie éternelle je fais ces choses tant que je peux. Tant qu'il m'appelle. Je ne connais pas les heures. Mon Lucifer sort du trou, noire lumière. Sa voix bestiale me dicte et m'étreint. Je me fends en deux nous ne faisons plus qu'un. Dans cette lumière, tu seras à moi aux siècles des siècles. Les ténèbres seront les témoins de notre union. Et les foudres du ciel seront nos cierges. Je possède, j'embrase nos étreintes par l'extrême onction. Moi, le fiancé de la perdition. Mon existence dévorée de l'anathème. Aime moi sur l'autel brûlant du blasphème.

# Online seit Dienstag, 26. Juli, 2005 um 17:09

Sôma [2004]

Sôma
Je vous hais

Sale, je vous hais. Dieu que tu m'as bien habillé et c'est bien appris. Chaque nuit, je fais un peu plus sur ton lit. Mais voilà, ma culotte saigne encore. Viens décrasser ce corps ! Tout n'est pas sec. Cette odeur, c'est quand je reste allongée... Tu ne trouves pas ? Tu ne sens pas ? J'ai tous mes doigts ; prends ma main et ne serre pas ! Toutes les fois ou grand roi s'est joué de sa reine. J'ai presque rongé mon âme (souviens-toi !) Pour rester dans ces femmes : Celles qui te plaisent, celles que tu baises. Dis leurs mon nom ! Je ne peux plus boire cette eau noire. Tu te toucheras ! Pourquoi tu ne viens jamais sur ma tombe ? Personne, à jamais bête et nauséabonde. Je pense trop : "C'est alors qu'elle s'imagine la pelle s'enfoncer. Dans la terre, puis dans sa tête". Violent, et méchant coup a fendu mon être. Dont il ramasse les restes, morceaux ruinés. Dont il se délecte. Je t'ai vu quand tu ne m'as pas reconnue. Chercher tes gestes face au corps que tu as émue. Tu t'obsèdes et t'éloignes de moi. Quoi que tu fuies, je resterais sous ton toi. Là où nos deux corps saignent. Un amer goût de fer, arrière goût de sang. M'en sortir, ça je ne peux plus. As-tu pensé aux âmes et aux soeurs que tu as déçus ? Ils me mangent et tu l'aimes. Je pleure les saints de te voir sur cette chienne. Sale. C'est cette pute qui m'a tuée. Je pourris, pour ça je vous hais. Tombe ne fleurit. Je vous hais, pour ça je tuerais.

# Online seit Dienstag, 26. Juli, 2005 um 17:10

Sôma [2004]

Sôma
L'instant sourd

Soupe de sang, je bois et déguste mes dents. Ce soir, mon corps stupide est ivre. Mes jeux violents ne conviennent plus. La reine insouciante est pervertie par l'immondice. Et la caricature, embrasse les ténèbres. Et crie à la lumière. Je ne peux plus marcher avec toi alors. Glisse toi dans ma bouche et je te changerais en pouce. Changerais ta couche. Elle participe à la souplesse. Oh ! L'infâme trahison ! Soleil brûle ses jeunes ailes pour qu'il reste vivre en moi. Un bout de toi, partie de moi, je ne pense qu'à ça. J'implore la secousse, refuse la fusion, l'ultime fin. Empêchant l'horreur. De cet orifice, tu tisses tes erreurs : elle, si douce, l'autre, si sale. Pourquoi en porter son mal ? Poupon de chair, j'attends. La peau, le crâne, les os... Bouton d'ovaire se défend. Encore, moi je pense à ce qui va éclore. J'ai tranché la tête de l'avorteuse : vampire psychique. Elle était si malheureuse : vampire psychique. En grande léthargie de l'âme : vampire psychique. Comprends sa chance : cette garce te suce l'esprit. Embrassait le gros abdomen. Si tu savais comme je l'aime ! C'est mes abîmes que je sublime. J'ai si peur de le perdre que j'ai vomi ma vie dans la sienne. J'ai puni mon coeur par le feu de la géhenne. Entre deux nausées: l'instant sourd.

# Online seit Dienstag, 26. Juli, 2005 um 17:11

Geändert am Freitag, 05. August, 2005 um 05:09

Sôma [2004]

Sôma
Simiesque

L'idée... Décharnons nos pantins. Nos poupées et autres jouets. Le temps d'un souffle court. Qui nous satisfait. Plaie ! Ces singes grandioses, féroces. Forment la ronde. A grosses gouttes. J'ai bu le lait des mères. Vu les cloches amères. Fondre, macabres s'accaparent. Notre ère, comme un homme sincère. Je suis un être parfait, modelé, apprivoisé. Je ne sais pas marcher, ni me rappeler de qui tu es. Je ne vous parlerais plus, les mots m'éventrent soudain. L'odeur m'égorge et le silence m'appartient. M'egorge, en silence. Le vide suinte, le jasmin à même nos vagins. J'ai rêvé si peu, pensé si peu. Que ma tête tournée vers les cieux. J'aurais surpris mes yeux perler, se saler. Les trahis seront bien gardés. Nous voilà esclaves ! Kyste humain propose à monde utérin. Nécroses de cendres. Préparant chaque bouche à cadavre. Chaque souche en esclaves. Convives d'instants. Dévorés d'élégies jalousives. Ressaisis d'hérésies plaintives. Être d'un moment, pense à sa vie irréfléchie. Champs amniotiques accélèrent l'envie frénétique. De frôler, de palper, l'égoïsme. Philistins, philistines, nos rires deviennent échos. Notre pas est lourd, sourd. Jugez de votre peau : le soleil, parait bien plus cruel. Nous fermons les yeux.
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Dienstag, 26. Juli, 2005 um 17:12